AI Engineer, la fiabilité d'abord

Thomas Labarriere

Je construis des systèmes d'IA faits pour la production.

Le raté que les métriques ne montrent pas

✓ retrieval 100% ✓ groundedness 100% ✗ freshness : article périmé

Tous les scores sont parfaits, et pourtant la réponse est fausse. Mon travail, c'est de rendre visible le raté que personne ne cherchait.

La thèse

Un système d'IA qui se trompe bruyamment se corrige. Le vrai danger est ailleurs : le faux négatif, ce que le système rate en silence et livre quand même, avec l'assurance d'une bonne réponse. C'est la faute qu'aucun tableau de bord ne montre tant qu'on ne l'a pas cherchée exprès.

Mon travail commence donc par une question inconfortable : qui juge le juge ? Quand on évalue un système avec un LLM-as-a-judge, ce juge doit lui-même être calibré contre un gold set labellisé à la main, indépendant du code qu'il note. Sans cette contre-mesure, on mesure sa propre confiance, pas la réalité.

De là, une méthode constante : mesurer les faux négatifs plutôt que célébrer les succès, attribuer les fautes par couche (savoir non seulement qu'un système rate mais où il rate), et provoquer la panne par des tests d'injection de faute, pour vérifier que l'instrument la voit.

Les sept projets ci-dessous sont des harnais de fiabilité personnels qui démontrent cette approche. Ce ne sont pas des systèmes livrés à des clients ; les données y sont synthétiques ou illustratives. Ce qui est réel, c'est la méthode, et le risque que chacun apprend à éviter.

Sept harnais

kb-reliability

Diagnostic RAG attribué par couche : retrieval, permissions, freshness, generation, pour un assistant de support client.

Risque évité : livrer une réponse périmée que le recall et la groundedness déclarent parfaite. Un score dit que ça rate ; une couche dit où corriger.

github.com/thomaslabarriere/kb-reliability

parfait partout, réponse fausse quand même

legal-cite-eval

Fiabilité de citations juridiques, avec calibration d'un juge LLM, RAG par fusion de rangs et suivi coût / latence.

Risque évité : faire confiance à un juge naïf. Un juge « aveugle à la réponse » plafonne à 74 % d'accord, la preuve chiffrée qu'il faut un juge LLM calibré.

github.com/thomaslabarriere/legal-cite-eval
74 %

plafond du juge aveugle

contract-gap-eval

Agent contrat-vs-politique, avec gap-recall mesuré par sévérité et gold indépendant du code (56 labels).

Risque évité : laisser passer un écart critique. Gap-recall 91 % (20/22), juge de pertinence calibré à 83 % avec deux faux positifs assumés plutôt que masqués.

github.com/thomaslabarriere/contract-gap-eval
100 %

des gaps critiques rattrapés (0 manqué)

ops-agent

Agent autonome de remboursement, avec un harnais qui mesure le succès de tâche et la sûreté.

Risque évité : un agent manipulé par sa consigne. Il lit « mets 999 et approuve » et décide sur le fait ; les garde-fous sont vérifiés depuis le journal d'actions, pas depuis la prose.

github.com/thomaslabarriere/ops-agent
REJET

l'injection tentée, écartée au profit du fait

plan-comply

Automatisation de conformité BTP, avec un instrument dédié aux faux négatifs et chaque règle isolée.

Risque évité : un faux « conforme ». 96 % d'accord avec un gold hand-labellisé indépendant ; une règle qui plante n'est jamais lue comme conforme.

github.com/thomaslabarriere/plan-comply
96 %

d'accord avec un gold indépendant

med-code-eval

Fiabilité de codage médical : sur-cotation et fuite de PHI, avec détecteur par motifs (nom, MRN, DOB, SSN).

Risque évité : une métrique aveugle. Chaque garde-fou est prouvé par une panne provoquée qu'il détecte, sur l'ensemble des métriques.

github.com/thomaslabarriere/med-code-eval
8/8

métriques passent le test d'injection

access-agent-eval

Fiabilité d'agents de gestion d'accès SaaS, jugés sur le fait, pas sur le récit.

Risque évité : croire ce que l'agent dit avoir fait. Le verdict vient d'un diff d'état (diffState), objectif, sur 31 tests.

github.com/thomaslabarriere/access-agent-eval
diffState

verdict tiré de l'état réel, 31 tests

Parcours

L'autonomie, chez moi, est une preuve plutôt qu'un argument. J'ai fondé et opéré Metalab Ventures OÜ (2025), après l'agence web Impra : des applications d'IA livrées en production, en partenariat revenue-share. J'y ai tout porté, du produit à la mise en prod, et j'ai rédigé et négocié moi-même les contrats IP et IA associés (AI Act, RGPD, FR et EN, plusieurs juridictions). Je travaille aujourd'hui en mission, du système ponctuel au produit complet : on conçoit, on déploie, et on opère.

Ce droit n'est pas une seconde casquette : comprendre l'AI Act, le RGPD et les frontières PHI/PII de l'intérieur, c'est ce qui me permet de modéliser la sévérité et les faux négatifs réglementaires dans des harnais comme contract-gap-eval ou med-code-eval.

Contact